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FIFA'12 : Long métrage Voyage vers Agartha

13h30 : Après mon passage à la bibliothèque et l'écriture du premier compte rendu de la journée - avec un réseau Wifi qui fonctionne, c'est tout de suite plus simple -, petite déambulation dans Courier avant de rentrer dans le Décavision pour mes deux séances suivantes. Déjà un peu de monde, je m'installe dans la queue et on finit par pouvoir rentrer en salle 1. Programme à suivre : Voyage vers Agartha de Makoto Shinkai.

Voyage vers Agartha
Voyage vers AgarthaAsuna est une collégienne calme et studieuse dans une petite ville de campagne. Son père est mort quand elle était enfant, sa mère est infirmière et n'est pas très présente. Pour égayer un peu sa solitude, la jeune fille s'est créé son petit coin à elle dans la montagne, d'où elle écoute la radio et s'échappe un peu de son quotidien tranquille mais un peu vide. Un jour, elle se retrouve nez à nez avec une énorme créature pas bien sympathique et ne doit son salut qu'à l'arrivée impromptue d'un jeune homme énigmatique qui l'emmène en sécurité après avoir terrassé la bestiole. Il s'appelle Shun, il vient d'Agartha...

S'il y a bien un truc qui m'agace quand un réalisateur japonais commence à se faire connaître, c'est qu'à tous les coups, on nous balance que c'est le nouveau Miyazaki. Facilité simpliste et primaire qui n'apporte rien à personne. Mais il faut reconnaître que sur ce coup-là, Shinkai semble s'être sacrément inspiré de la bibliographie de son aîné.
Voyage vers AgarthaEntre la mignonne bestiole qui semble être un cousin proche de Teto (Nausicaä), les ruines d'Agartha construites sans doute par l'architecte de Laputa qui a dû en même temps laisser tomber la pierre bleue pleine de super-pouvoirs  dans le pays, les Quetzalcoatl mix entre les animaux géants et le Shishigami de Mononoké et les robots-soldats de Laputa, un personnage bien proche d'Ashitaka de Mononoké (et qui se coupe aussi les cheveux d'un coup de couteau avant de partir pour une mission dont il risque de ne pas revenir, envoyé par la vieille fripée du village, avec sa copine qui lui fait coucou avant qu'il parte)... Ça commence à faire un peu beaucoup pour passer inaperçu ou faire croire à une simple coïncidence. Et c'est surtout dommage car Shinkai a pu démontrer dans ses précédents films qu'il avait sa propre patte et donc pas besoin de ça pour proposer quelque chose d'intéressant.

Voyage vers AgarthaDe plus, petit souci entre le fond et la forme du film. Shinkai a plutôt l'habitude de parler d'individus. Même s'ils sont dans un contexte très large, souvent lié à des guerres, c'est toujours sur eux-mêmes que finissent par se centrer les intrigues de ses films, en oubliant tout le reste. Ici, la forme est épique, on est face à un film d'aventures, mouvementé et ambitieux, avec un monde caché, des monstres, des dieux, des démons, des combats. Mais l'enjeu final reste quand même plutôt petit par rapport à tout ce qu'on nous a montré pendant deux heures. Le monde d'Agartha ne sera en aucun cas modifié par l'aventure d'Asuna, rien ne sera changé ou bouleversé, rien ne sera sauvé ou perdu, là où la forme allait plutôt vers un Nausicaä ou un Mononoké grandioses et épiques, avec des enjeux énormes. Là non, c'est juste un homme qui court après l'amour de sa vie et qui doit finalement apprendre à vivre en acceptant ce qu'il a perdu. Puis tout le monde repart, rentre chez lui et on oublie tout. Un peu frustrant...
Surtout que les personnages étaient plutôt intéressants, pas si manichéens que ça, Morisaki avait au départ tout du sale type à la Muska de Laputa et finalement, c'est un peu plus complexe que ça même si on ne va pas au bout de l'idée. Asuna n'a pas peur d'agir et d'avancer, ne perd pas de temps à se poser des questions inutiles mais au final, on ne sait pas vraiment pourquoi elle est venue à Agartha et ce qu'elle a pu en apprendre, en retirer. Ce n'était pas vraiment sa quête alors qu'elle est le personnage principal, un peu perturbant.

Voyage vers AgarthaNéanmoins, ce n'est pas un mauvais film pour autant. Le dessin est net et l'animation sans faille, mais je n'en attendais quand même pas moins. Les décors sont superbes, toujours ce beau travail sur les lumières, rasantes ou écrasantes, sur les couleurs, magnifiques. L'histoire est plutôt prenante, dense et bien construite, même si on s'éloigne beaucoup de la profondeur d'un Hoshi no koe ou de La tour au delà des nuages.
Reste ce sentiment de manque d'un petit quelque chose, d'un souffle plus grand, plus en adéquation avec la forme du film et qui donne donc une impression de longueur car on se demande : tout ça pour ça ?

Oh ?Un peu dommage, j'en attendais quand même plus de la part de ce réalisateur qui semble s'être un peu laissé dépasser par l'ambition de son film, peut-être un petit manque d'épaules et de maturité pour ce genre d'exercice. Reste à voir ce que donnera le prochain ?
À noter que le DVD sortira le 4 juillet prochain chez Kazé, ainsi qu'un des deux mangas adaptés, chez Kazé Manga.

Déjà 16h, ça promet pour la séance suivante qui va être sacrément en retard. Je repars d'office me plongée dans la file d'attente.

Article modifié le vendredi 08 juin 2012, 20:51

Morgan

Auteur: Morgan

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