Mangaverse en live !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

FIFA'12 : Long métrage Eun-sil-yee

9h10 : C'est aux bruits des gouttes de pluie qu'on se réveille ce matin à Annecy pour ce premier jour de Festival. Mais un rayon de soleil m'encourage quand je pars prendre mon bus même s'il reste bien planqué au milieu des gros nuages de pluie. C'est donc sous la flotte que j'arrive à Courier. Petit déj' vite avalé et je pars faire un petit tour dans la galerie jeter un œil à l'expo Ice Age. Une expo assez minimaliste quand même mais mon tour reste rapide, mon appareil photo me faisant la surprise d'être pratiquement déchargé.

Expo Ice Age
Expo Ice Age
Expo Ice Age
Expo Ice Age
Expo Ice Age
Expo Ice Age
Je file vers Bonlieu, croisant au passage quelques festivaliers nonchalants : c'est toujours calme le lundi matin. Plus de monde quand même à Bonlieu. L'office du tourisme refait sa déco et une queue s'est formée devant l'entrée de l'accueil accrédités. Bien fait de m'occuper de ça hier, comme me le prouve également la salle de presse où les journalistes attendent aussi pour faire imprimer leurs tickets.

Bonlieu se remplit...
La Boutique
En salle Presse
A priori, il y a encore de quoi installer : la boutique semble bien vide, la bibliothèque municipale, fermée le lundi, n'a pas encore son expo des Cités d'or, en cours de montage apparemment. Dans le baladoir de la Grande Salle, expo du Magasin des suicides, le nouveau film de Patrice Leconte présenté en avant-première ce soir lors de la cérémonie d'ouverture. Expo simple et classique mais le reste du baladoir est des plus minimalistes : que des murs blancs, aucune déco, aucune plante verte, rien. Dites donc, ils ne devaient vraiment pas penser avoir encore accès à Bonlieu cette année, ils n'ont rien prévu ?

Le baladoir de la Grande Salle...
... et son expo du Magasin des suicides
10h05 : On peut rentrer dans la Grande Salle et je m'installe pour cette première séance à ma place préférée : au milieu, sans personne à gauche, avec de la place pour les jambes. Ce qui ne m'empêchera d'être à deux doigts de perdre mon genou gauche à la fin de la séance. Je me rouille...
La salle se remplit tranquillement, pas complètement mais presque. Un accrédité tente de trouver des tickets pour le making of du prochain Pixar, Rebelle, qui a lieu demain, je le sens mal parti...
Les lumières s'éteignent, on peut découvrir la bande-annonce de cette année. Assez énorme, tout à fait réussie, un homme préhistorique coursant une sorte de dindon à grands coups de mimiques foireuses. Assez hilarante - il y a même un lapin, fort applaudi, bestiole emblématique du Festival - rythmée, elle va avoir sans aucun doute beaucoup de succès cette année. Vous pouvez la voir sur le site du Festival.
La bande-annonce des Gobelins du jour est elle aussi assez sympathique, reprenant l'Irlande pour son thème (avec une parade digne de Paprika du regretté Satoshi Kon).
Apparaît Serge Bromberg, directeur artistique, qui nous souhaite la bienvenue et ouvre cette première séance, nous reprochant d'ailleurs d'avoir été légers côté avions en papier sur la scène, il faudra remédier à ça dans la semaine.
Débute alors le long métrage, Eun-sil-yee de Sun-Ah Kim et Se-hee Park, qui nous vient de Corée du sud comme on peut l'imaginer. Un film à peu près aussi glauque que ce que j'imaginais...

Eun-sil-yee
Sun-mi revient se reposer dans son petit village de campagne après avoir séjourné à Séoul quelque temps. Elle est accueillie par In-hye, ancienne copine de classe, qui l'invite à la soirée d'anniversaire de son père, le principal de l'école. La soirée tourne court quand débarque Ji-young avec dans ses bras un nourisson ensanglanté. Sa mère, Eun-sil, est morte dans l'accouchement qu'elle a dû vivre seule , cachée dans un bâtiment vide. Ce bébé qui débarque dans le village, personne n'en veut et tout le monde s'en détourne : Eun-sil était la simplette du coin et personne ne l'a jamais vraiment bien traitée...

Eun-sil-yee
Rien que la lecture du résumé suffisait à se douter qu'on n'allait pas se marrer des masses, c'était peu dire. Première image du film : gros plan sur l'accouchement, et quand je dis gros plan, c'est méga-gros plan sur le point de sortie du bébé, provoquant un premier rire assez surpris de la part du public, qui ne s'attendait certainement pas à ça. Le ton est donné...
Le reste ne nous épargne pas non plus : si Eun-sil n'était pas appréciée de par son côté simplette, personne ne veut savoir qui pourrait être le père de son bébé, la jeune femme ayant la réputation de s'être en gros fait passer dessus par tous les hommes du village. Comme le racontent sans sourciller les femmes entre elles, oubliant de préciser au passage que leurs braves maris ne se préoccupaient pas spécialement de savoir si Eun-sil était vraiment consentante, ni même vraiment en état de pouvoir être consentante... Ambiance...
Au travers de divers flash-backs, on a donc droit à toutes les coucheries plus ou moins forcées que doit subir Eun-sil, souvent sous le regard d'un témoin pas d'un très grand secours. Sa grossesse puis son accouchement sont donc autant de réalités qui ne plaisent à personne et ne font que ressortir d'autant plus l'hypocrisie, la mesquinerie, la violence et la crasseuse méchanceté de tout le village. Surtout que ces "amies", en tout cas In-hye qui se présentait comme tel, ne sont pas toutes blanches immaculées non plus dans cette histoire. Et on ne parlera pas de l'immigrée Ju Tiang, mariée à un bouseux violent n'ayant lui non plus aucun scrupule à se taper Eun-sil sous les yeux de sa femme. Ou à aller jeter le bébé dans les poubelles, sans sourciller. Bambin bien parti dans la vie puisqu'on essaie de le tuer 3 ou 4 fois durant tout le film. Premier bambin d'ailleurs qui n'a apparemment pas besoin d'être nourri ou changé, c'est pratique. Un joli tableau charmant et buccolique...

Eun-sil-yee
Il faut dire que le malaise ressenti n'est pas aidé par le style graphique, simpliste, pas expressif et assez laid, l'animation minimaliste, les couleurs en gros aplats basiques et les tons dignes d'un épisode de Derrick. Mention spéciale à la forêt d'arbres crevés traversée une paire de fois durant le film. Les 73mn sont donc un peu longues et bien lourdes, totalement déprimante, sans une seule lueur d'espoir, sans un seul point positif dans toute cette crasse.

Oh ?Ça ne donne donc pas un mauvais film, mine de rien l'histoire se tient et les flash-backs donnent un certain rythme, mais voilà qui laisse un arrière-goût assez désagréable - pour une première séance c'est tout de même violent - un peu excessif, sans aucun échappatoire dans la grisaille présentée.
On sort à 11h45 et je file en salle de presse trouver un PC pour écrire ce premier compte rendu.

Article modifié le samedi 09 juin 2012, 16:55

Morgan

Auteur: Morgan

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Herbv Herbv ·  04 juin 2012, 20:42

Je vois que les fondamentaux sont toujours là et qu'il n'y a pas réellement de changements depuis ma dernière venue (deux ans déjà). J'ai appris par Dynaheir (arriveras-tu à la retrouver dans le festival ?) qu'il pleuvait pas mal ce lundi sur Annecy. Voilà qui fait démarrer le festival sur de mauvaises bases, surtout après avoir vu un film aussi... peu rayonnant.

J'attends donc de voir si ton après-midi s'est mieux passé :)

aucune annexe



Voir aussi

Oh, le beau temps...

FIFA'12 : Mon petit bilan de la semaine

Voilà, cette 36ème édition du Festival International du Film d'Animation d'Annecy vient de s'achever après une semaine gorgée de projections, de rencontres et de découvertes. Que peut-on en dire...

Lire la suite

affiche02.jpg

FIFA'12 : Le palmarès !

Après une semaine riche en projections, le palmarès de cette 36ème édition vient d'être dévoilé lors de la cérémonie de clôture du Festival d'Annecy.LONGS MÉTRAGES Cristal du long métrage Le Voyage...

Lire la suite