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FIFA'11 : Long métrage Tezuka Osamu no Buddha

Mercredi, 9h10
Comme prévu, la météo n'est pas bien clémente aujourd'hui. Il tombe des cordes et c'est dégoulinante que je vois le bus arriver en avance alors que je suis à vingt mètres de l'arrêt. C'est donc dégoulinante ET crachant mes poumons que je m'installe, voyant monter aux arrêts suivants d'autres festivaliers aussi trempés et transis que moi. Il faut dire qu'on ne va pas dépasser les 13°C de la journée...
La boisson chaude du petit-déjeuner est donc la bienvenue. Heureusement, ma première séance de la journée est au Décavision donc à Courier où je suis déjà. Pas sûr néanmoins que je finisse la semaine sans un bon mal de gorge.
J'en profite pour faire quelques photos de l'exposition Moi, moche et méchant dans la galerie de Courier.




À 10h10, me voilà dans la salle 3 du cinéma qui se remplit petit à petit. 10h30, on poireaute toujours, ils ne sont pas pressés aujourd'hui. Après les bandes-annonces habituelles, un mec apparaît à l'écran, du genre à faire hurler les foules de jeunes filles en fleurs mais laissant la salle, pas vraiment motivée il faut dire, de marbre. Il me semble que c'est Yoshiki du groupe X Japan, qui espère qu'on appréciera la chanson qu'ils ont composée pour le film. Et pour être sûr qu'on l'entende, cette chanson, on a droit au live de Yoshiki et Toshi (merci, Wikipedia !) sur scène. Super... Et le film ?
Il commence enfin. Il s'agit donc de Tezuka Osamu no Buddha - Akai Sabakuyo Utsukushiku de Kôzô Morishita. N'ayant plus qu'un assez vague souvenir du manga de Tezuka, je ne m'y fierai pas pour juger le film.

Il y a 2500 ans en Inde, deux royaumes s'affrontent régulièrement : les belliqueux de Kosala tentent de s'approprier les riches terres de Shakya. C'est dans ce dernier royaume que naît le Prince Siddharta, dont l'arrivée est saluée par tous les animaux des environs. Il doit en effet devenir le Bouddha mais sa quête pour en arriver là sera évidemment longue. En parallèle, on suit les destins tragiques de Chapra l'esclave et Tatta le voleur.

Soyons honnêtes, on a parfois un peu l'impression d'être plus face à un long épisode (1h50) de série TV que devant un film (il y a notamment des scènes exagérées qui passent très bien en manga et deviennent un peu ridicules une fois animées). On se croit même dans un combat de Saint Seiya lors du duel de Chapra contre une bonne grosse brute au milieu d'une arène. Vu que le réalisateur est vice-président de Toei Animation et qu'il a travaillé sur pas mal de séries TV, de même que l'équipe technique, ce n'est sans doute pas une impression complètement fausse...
Ne cherchons donc ni subtilité ni finesse ici : les méchants sont super méchants et ont des gros rires sadiques qui montrent toute leur dentition, les gentils ont de grands yeux souvent baignés de larmes, ça pleure, ça crie, ça hurle. On peut les comprendre d'ailleurs parce qu'ils dégustent tous durant tout le film : la famille qui se fait dégommer, la fille qui se fait crever les yeux, les innombrables champs de bataille jonchés de cadavres, les esclaves qui se font fouetter et vendre (mais quasiment pas de sang, restons softs, mourons proprement !)... Assurément pas le film à voir pour se remonter le moral. À se demander comment ils ont pu écrire "pour enfants" dans le programme, surtout qu'il n'est présenté qu'en VOSTA (lisible et compréhensible néanmoins).
Bref, cruauté à gogo, nature dézinguée à tour de bras, guerres incessantes, famine, pauvreté... Inutile de dire que le pacifiste Siddharta, refusant d'ôter la vie, respectant toute existence, rejetant la notion de castes, fait quelque peu tache dans le décor, lui qui doit apprendre à être fort - ce qui signifie capable d'écrabouiller les autres - pour le "bien" de son pays même si une victoire ne sera jamais définitive et n'empêchera aucunement une nouvelle guerre quelques années plus tard. Souffrance humaine constamment alimentée par la soif de pouvoir des uns et l'espoir de vie meilleure des autres.

En fait, pendant près de deux heures, on ne voit donc les personnages que pour savoir comment ils vont encore s'en prendre une et le film s'arrête quand Siddharta part enfin dans sa quête pour comprendre comment donner un sens à toute cette souffrance dont il a été témoin. C'est évidemment un peu frustrant puisque c'est ensuite que les personnages présentés pendant le film auront une chance de se rencontrer réellement pour évoluer ensemble vers quelque chose d'un peu plus positif que "je meurs aujourd'hui ou j'attends demain qu'on tue ma mère avant ?". Mais sur le net, je lis qu'il est prévu en fait une trilogie dont ce film est juste le premier acte ce qui me paraît tout de suite plus logique.
Le film, sorti fin mai 2011 au Japon, se laisse regarder sans ennui, même s'il ne fait pas dans la délicatesse et la sobriété, tous les effets étant toujours bien appuyés pour qu'on comprenne bien que c'est vraiment une existence très très difficile, en rajoutant une bonne grosse couche de violons par dessus si jamais. C'est donc relativement efficace, plutôt bien rythmé mais ça reste assez basique par rapport à l'ampleur du personnage dont il est question. Ça m'a en tout cas donné envie de me replonger dans le manga d'origine !

Il est 12h30, je sors de la salle, il pleut toujours. Je prends un sandwich et fonce me mettre au sec à Bonlieu avant de squatter une table à la Bibliothèque pour écrire ce compte rendu. Ce sera déjà ça de fait. On va pouvoir passer à la séance suivante, les courts métrages 3.

Article modifié le mercredi 08 juin 2011, 18:09

Morgan

Auteur: Morgan

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