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FIFA'11 : Long métrage Le chat du rabbin

Grande salle
15h40, je sors de la salle, je me glisse dans la queue, allez, tentons l'entrée 3 pour changer. Je croise Nicolas Penedo d'Animeland, salut, ça va, fatigué... Le classique refrain des festivaliers qui se rencontrent.
15h55, je suis dans la Grande Salle, pas si mal installée que je le craignais, avec bien sûr mes supers lunettes 3D qui me donnent déjà mal au crâne rien qu'à les regarder. Je vois Cédric Littardi et Keiichi Hara me passer devant, ils ne sont pas venus à Annecy pour rien... Comme hier, juste avant la projection, le public hurle "Le lapin !" et on voit le mec déguisé en lapin rose qui débarque, monte sur scène, balance des avions avant de disparaître. Eh oui, nous avons un super-lapin à Annecy !
Bon, trêve de plaisanterie, l'heure est grave : on doit chausser nos lunettes ! Dès le générique, on a bien compris, ils ont décidé d'y aller à fond sur la 3D.

Nous voici donc devant Le chat du rabbin, adaptation de la BD du même nom de Joann Sfar, par lui-même et Antoine Delesvaux. Le film est je crois sorti en salles la semaine dernière.
Dans les années 20, à Alger, le rabbin Sfar vit avec sa fille Zlabya et son chat qui n'a pas de nom. Après avoir boulotté le perroquet, même s'il jure que ce n'est pas son genre, quand même, soyons sérieux, le fameux chat se met à parler. Et le voilà qui veut devenir officiellement juif et faire sa bar-mitzva pour que le rabbin le laisse retourner se faire cajoler dans les bras de sa charmante maîtresse Zlabya !

Les lecteurs de la BD de Sfar ne seront donc pas dépaysés : ils retrouvent la même histoire - je n'ai lu que les trois premiers tomes et la partie la plus centrée sur Zlabya n'est par contre pas dans le film, je pense que les deux volumes que je n'ai pas lus doivent être plus utilisés - les mêmes dialogues - hilarants, surtout dans les échanges entre le rabbin croyant et le chat pragmatique - et bien sûr le même dessin. Qui passe parfaitement en version animée, l'adaptation ne perdant rien au passage, gardant son éclat, ses couleurs, sa chaleur, et y gagnant encore plus en vie, bien sûr. Par contre, la 3D m'a assez rapidement gênée : on en a quasiment à tous les plans, en tout cas très souvent, et l'effet est rapidement fatigant et trop mis en avant. Certes, je ne suis pas une fan de cette technologie qui ne me paraît vraiment rien apporter d'intéressant, risquant même de distraire par rapport au suivi de l'histoire. Pas pour rien si je ne vais voir aucun film en 3D au ciné.
Niveau casting vocal, saluons la performance de François Morel dans le rôle du chat, à qui il parvient à donner toute sa malice et son humour. Très bon choix.
Bien évidemment, on ne parle pas aujourd'hui de religion sans prendre un risque face à certains esprits trop fermés. Et Sfar y va de toute façon fort face aux extrémistes de tout poil, qu'ils soient juifs ou musulmans, ne parlant que de guerre et de mort, de soumission et de duels. Sans verser dans le basique "la guerre, c'est pas cool", les réalisateurs parviennent à donner une vraie force à leurs sages plus modérés et ouverts à autrui que les affreux barbares qui ne pensent qu'à zigouiller celui qui ne les suit pas aveuglément.
Mais ce ne sont pas les seuls à en prendre pour leur grade. Puisqu'une partie de l'histoire se passe en Afrique noire à une époque où le colonialisme a encore de beaux jours devant lui, les paternalistes bien blancs qui se prennent pour des dieux face à des arrières colorés sont bien représentés notamment par un fameux jeune reporter belge et son chien blanc. Leur petite scène de quelques minutes a fait hurler la salle de rire, sans compter de nombreux applaudissements.

Bref, après Une vie de chat hier, ce Festival se la joue très félin cette année, avec des matous terriblement attachants. Le chat du rabbin est un film énergique, rafraîchissant, évidemment drôle, prônant simplement l'arrêt des conneries entre des peuples que rien n'oppose hormis la fermeture de certains esprits plus intéressés par le pouvoir que par le bien de leurs congénères.
Le film est très chaleureusement applaudi même si je ne reste pas bien longtemps dans la salle pour participer à cet élan, ayant quelque peu peur de louper mon bus pour devoir ensuite poireauter près d'une heure pour le suivant.
Voilà en tout cas une belle journée animée qui se termine... avant la prochaine, dès demain !

Article modifié le mardi 07 juin 2011, 23:18

Morgan

Auteur: Morgan

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