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FIFA'10 : Summer Wars

Bonlieu
Il est 17h35 quand j'arrive devant la Grande Salle et une petite queue s'est déjà formée devant l'entrée 3. Sachant qu'il faudrait sans doute attendre un peu, j'ai préféré me mettre à l'entrée la plus lointaine, celle où l'on peut le mieux respirer. J'ai bien fait...
Parce que niveau attente, on a été servis ! La séance précédente concernait une avant-première 3D, Moi, moche et méchant - c'est le titre du film, pas un autoportrait, merci ! - et quand est arrivé 18h, l'heure du début de notre séance, la leur n'était toujours pas finie. Oula... 18h05, ça commence à sortir, on se regarde tous un peu soulagés mais que nenni ! On entend que ça hurle et que ça applaudit à tout rompre là-dedans et rebelote... 18h15 enfin, ça commence à s'écouler même si ça continue d'applaudir à l'intérieur... 18h35, on peut enfin entrer dans la Grande Salle et se poser, mon dos était à deux doigts de la démission.
La séance débute finalement à 18h45 - je sens très mal mon dernier bus de 19h40... - et la salle est  bien remplie, le public chaud bouillant, comme il le prouve sur la bande-annonce du Festival, qui ne me plaît pas du tout pour ma part, en hurlant notamment "Lapiiiiiiiiin !" à la fin.

Bon, j'ai supporté toute cette attente pour une bonne raison, je voulais absolument voir Summer Wars, le nouveau film de Mamoru Hosoda, dont j'avais beaucoup apprécie La traversée du temps. Le réalisateur est d'ailleurs dans la salle, il monte sur scène deux secondes à l'appel de son nom au micro et a droit à une énorme salve d'applaudissements qui le fait bondir de joie. Et son film ? Un vrai plaisir, ça vallait le coup d'attendre.

Japon, 2010. Le net a été remplacé par Oz, un réseau surpuissant où plus d'un milliard d'humains ont leur avatar, où tout se fait, tout s'achète, se regarde, s'envoie. Les sociétés y ont leur antenne, les reponsables politiques aussi et Oz garantit une sécurité optimale. Un lycéen lambda, Kenji, dégoûté d'avoir raté de peu les sélections pour représenter le Japon aux Olympiades des Maths, fait un peu de maintenance bas de gamme sur Oz avec son pote Sakuma. Jusqu'à ce que la jolie étudiante Natsuki lui propose un boulot pour les vacances. Les voilà en route pour Ueda, où réside la famille de Natsuki, jadis une importante lignée qui, malgré la perte de sa fortune, a su garder son influence dans les plus hautes sphères. Notamment grâce à l'énergique grand-mère qui va fêter ses 90 ans. C'est justement pour ça que Natsuki a besoin de Kenji car elle veut le faire passer pour son petit-ami devant sa famille. Évidemment, c'est durant ces quelques jours chez les Jinnouchi que Kenji va prendre un rôle inattendu au cœur d'Oz...

Waouh ! En 114mn, il se passe énormément de choses : beaucoup de rires, la famille de Natsuki est hilarante et sa présentation vaut son pesant de wasabi, de l'émotion, de l'action, des math, des larmes, une mini-pincée de mélo... On ne voit pas le temps passer. Le chara-design est toujours signé Yoshiyuki Sadamoto, comme pour La traversée du temps, et colle très bien à l'ambiance, navigant entre la campagne verdoyante où réside la famille et le monde virtuel d'Oz, coloré, bigarré, assez jouissif.
Difficile évidemment de ne pas faire l'analogie avec nos réseaux notamment sociaux qu font souvent la Une aujourd'hui, avec ces notions de sécurité, de piratage, d'avatar et ceux qui n'y comprennent rien et croient qu'il n'y a derrière tout ce brassage qu'un jeu innocent sans aucune conséquence possible dans la vie réelle, un truc pour gamins ou adultes régressifs. Quand l'implication d'Oz dans le monde réel se dévoile, la chute de l'un entraînant la chute de l'autre si personne n'a l'idée de rappeler à tout le monde qu'un humain n'a pas besoin d'un ordi pour se bouger, la notion de jeu perd tout de suite son côté amusant.

Évidemment, le côté "les machines sans l'homme perdent la tête", on l'a déjà eu mille fois, mais c'est très efficacement mené ici, sans jugement moral, juste un enchaînement d'actions possibles. Qui plus est, plusieurs histoires s'emboîtent, l'autorité de la grand-mère - excellente - le fils prodigue de retour, les sentiments des uns et des autres et même un match de base-ball qui n'intéresse qu'une personne alors que la fin du monde est proche... Tout s'enchaîne parfaitement, aucun temps mort, c'est très dense tout en étant narré efficacement, beaucoup d'énergie, de démesure, de chaleur, de tendresse, d'auto-dérision, chaque personnage apporte sa petite part, les excessifs, les discrets, les coincés... On passe du rire à l'émotion en quelques secondes, on ne perd pas de temps en parlotte inutile et plombante, vraiment, c'est mené tambour battant et s'il se passe énormément de choses, s'il y a beaucoup d'éléments ajoutés au fur et à mesure, on n'est jamais perdu, on ne se sent jamais submergés par le flot d'informations. Visuellement, c'est également très beau, une animation maîtrisée et une musique plutôt sympathique.
Il faut dire aussi que le public de la Grande Salle sait réagir devant un film et que les cris et applaudissements devant une transformation vestimentaire à faire pâlir d'envie Sailor Moon et Gigi réunies étaient énormes, sans compter ceux qui ont accompagné la dernière scène.

Voilà en tout cas une très chouette séance, un film excellent, très drôle, énergique, équilibré, complet, prenant, dense et entraînant. Un futur DVD à ajouter à ma DVDthèque, assurément. Je crois d'ailleurs qu'il est sorti aujourd'hui dans les salles de cinéma françaises.
Bon, déjà 20h45, heureusement que je me suis trouvée un chauffeur pour rentrer ce soir... C'est ce qu'on appelle une journée très remplie.

Morgan

Auteur: Morgan

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Herbv Herbv ·  13 juin 2010, 12:17

Décidément, l'animation japonaise grand public, ce n'est pas pour moi. Certes, j'ai trouvé ça plus regardable que "La Traversée du temps" car les changements de rythme sont mieux gérés et il y a moins de temps mort qui m'ont fait sortir de l'histoire et où je m'emmerdais. Mais il y a trop de facilités scénaristiques, le message est vraiment trop grossier, j'ai trouvé les personnages mal exploités, qu'il y a trop de moments pathos même s'ils sont efficaces, que ça dégouline trop de gentillesse et que la fin est vraiment bidon... Et encore, je passe sur l'animation techniquement limitée (trop saccadée) et le graphisme banal ! :)

Aurais-je un jour une autre claque comme avec "Paprika" ? J'en doute :)

aucune annexe



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