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FIFA J4 Ghost in the Shell version 2.0

Dix ans après ma première rencontre cinématographique, retrouvailles avec le Major Kusanagi et Batou pour cette version 2.0 du chef d'oeuvre de Mamoru Oshii

Décavision, 10h00
Après mon habituel p'tit dej, je fais un petit tour du côté de Bonlieu laisser mon billet pour la séance de ce matin au théâtre que je ne ferai pas. Après tout, le système d'échange ne peut fonctionner que si tout le monde joue le jeu, j'ai donc pris l'habitude de laisser en dispo mes billets pour les séances que je ne fais pas, ça peut faire plaisir à quelqu'un...
Je repars pour le Décavision avec au passage un petit tour dans une librairie pour m'acheter La nuit des enfants rois, coup de bol, je le trouve directement.
J'arrive au cinéma, pas trop de monde, il est tôt, j'entre dans la salle 3, plein de places, j'ai de quoi choisir. Devant moi s'installe tout un groupe, je crois qu'il s'agit de prof et d'élèves de 2nde. Ils ne savent visiblement pas trop ce qu'ils vont voir, j'entends une prof expliquer que c'est un film d'animation mais en manga (?), une élève réagit "Comme Naruto ?"... Euh, ouais ouais... La prof ne pense pas que ce soit trop gore même si c'est écrit Ado-Adultes. Je sens qu'ils ne vont pas être déçus du voyage :)

Car la séance du moment est donc consacrée à Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. Un film de 1995 donc, que fait-il là ? Il s'agit en fait de la version 2.0, datant de 2008. Nouveaux effets spéciaux, musique un peu refaite... Je ne sais pas trop à quoi m'attendre à ce niveau-là mais au niveau du film, on est tout de même face là à un monument du genre. Bon, pas évident par contre, il s'agit d'une VOSTA, le sous-titrage anglais ne joue pas la facilité niveau traduction et en plus, ça va beaucoup trop vite sur certains passages. Vu la complexité du film, j'en connais qui ne vont rien comprendre du tout...
Complexité car contrairement à ce que laisse imaginer la première scène, on n'est pas vraiment là face à un film d'action. Ca canarde, ça dézingue, mais ça discute aussi pas mal et pas pour ne rien dire : le Major Kusanagi s'interroge sur son statut de cyborg, son humanité, son individualité, son âme, les limites de ses perceptions et sa rencontre quelque peu brutale avec le mystérieux Puppet Master, hacker de génie dont on ne sait rien, va peut-être lui apporter quelques réponses.
Mamoru Oshii a ainsi adapté un manga de Masamune Shirow en le digérant totalement, lui apportant sa propre touche personnelle, une profondeur métaphysique bluffante, un esthétisme fascinant - qui a d'ailleurs fortement influencé les frères Washowski pour leur Matrix. Le rythme narratif est parfaitement dosé, alternant scènes d'action jouissives et discussions plus ou moins profondes sur l'être humain. L'histoire est assez complexe mais on finit par réussir à en dégager l'essentiel et ne pas se laisser perdre par les détails, la magouille d'espionnage et de hacking de la section 6 étant surtout un moyen de permettre la rencontre entre l'attachante Kusanagi et l'intrigant Puppet Master. N'oublions pas non plus Batou, qui s'avère d'ailleurs le héros de Innocence, la suite de GITS sortie voilà quelques années et également présentée au Festival, ce qui m'a permis de le voir aussi sur grand écran. Parce que dans une petite ville de province, pour voir autre chose que les grosses productions au ciné, c'est vite limité, heureusement donc que le Festival d'Annecy est là.
Enfin, tout cela ne serait pas aussi fort sans la musique très inspirée de Kenji Kawai, sublime partition avec notamment des choeurs en japonais anciens déchirants. Je suis d'ailleurs  restée durant tout le générique de fin pour pouvoir l'entendre en entier.

Au niveau des changements d'effets spéciaux, je crois largement préférer la version originale de 95. La première scène me paraît ainsi ici quelque peu dénaturée, l'ajout de CGI façon Appleseed d'Aramaki tranchant beaucoup trop avec les dessins sur cellulos des scènes originales non retouchées. En plus de perdre en homogénéité visuelle, je trouve qu'on gâche un peu la touche d'humanité qui me semblait apporter une force supplémentaire dans la version originale, surtout vu les questionnements du film. Sans compter que les changements tournent plutôt autour du rougeoyant, de l'ocre, là où l'original avait un côté bleuté plus froid, plus incisif, plus métallique, plus cyborg, quoi. Il faudra que je revois mon DVD mais je crois que je vais rester fidèle à ma première version.
Le plaisir de retrouver sur grand écran ce film qui a bouleversé ma manière d'appréhender l'animation voilà dix ans a été en tout cas au rendez-vous et je suis vraiment heureuse d'avoir pu y assister...

La suite du programme de la journée s'annonce tout aussi intéressante puisqu'à 14h, je serai de nouveau en salle 3 du Décavision cette fois-ci pour découvrir la dernière création de Henry Selick, Coraline, normalement en VOSTF. Si c'est bien le cas, j'ai beaucoup de chance car les autres séances étaient soit en VO pure soit en VF. Et vu que quand on réserve ses places sur la billetterie mi-mai, on ne sait pas en quelle version sera chaque projection, c'est toujours la surprise...
Sinon, je suis allée jeter un oeil à l'expo de Courier, cette fois-ci consacrée à Partly Cloudy et Up, les dernières productions Pixar. Eh bien, j'imagine qu'il a du y avoir un souci quelque part - il me semblait avoir vu que c'était une expo Ghibli prévue au départ et il n'y a que quelques dessins de Ponyo exposés à la Fnac - car l'expo Pixar est... comment dire... un peu ridicule ? Il y a trois panneaux à tout casser, avec juste quelques textes, présentant les réalisateurs scénaristes et leurs citations sur les deux films. Voilà voilà... Pas de dessin, de croquis, bref d'expo à proprement parler. Même pas moyen de  prendre des photos, il n'y a rien à montrer... Ils ont dû se rendre compte qu'il fallait meubler puisqu'ils ont installé vite fait un atelier "dessins mangas" dans un coin pour remplir un peu... Je finis par avoir l'impression que beaucoup de choses ont été déprogrammées au dernier moment cette année et qu'il a été difficile de palier le manque ici et là.
Bon, il commence à faire bien chaud ici, en salle de presse - j'en deviens accro... - ma prochaine séance est dans 45mn, mon T-shirt de l'édition 2009 est acheté - le Festival est l'occasion de renouveler un peu ma garde-robe :) - je vais bouger un peu...
Ah, je précise au cas où : quand j'écris ces billets, je ne peux pas mettre d'images que je rajoute le soir une fois chez moi. N'hésitez donc pas à y retourner pour voir si le billet a été mis à jour...

Article modifié le vendredi 12 juin 2009, 08:17

Morgan

Auteur: Morgan

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